Il y a des êtres que vous rencontrez parce que la vie en a décidé ainsi. D’autres, parce que vous le décidez, vous-même. Le hasard existe-t-il ? Les gens normaux d’exception existent bien. ENTOURAGE magazine les a rencontré. Jacqueline et Yvan Cochez, un couple complice, au service de l’autre et proche leur entourage. Ça fait 33 ans que ça dure. Des gens animés d’un humanisme tel qu’en leur compagnie, on tendance à oublier l’époque et le temps qui passe. Lorsque vous êtes avec eux, l’un ou l’autre, ils sont, eux, là, entièrement pour vous. Aider, partager et transmettre sont, autant de moteurs de leurs deux vies. Vous êtes prévenus ! Si vous faites votre « coming out of the box », vous risquez de rencontrer Jacqueline et Yvan ! Interview croisée.

Comment vous présentez-vous?
Jacqueline : « J’ai choisi d’exercer la profession de pharmacienne pas pour son aspect médical proprement dit mais surtout et d’abord pour apporter une écoute, une aide à la personne malade en la conseillant ou en l’orientant vers les thérapies les plus appropriées. Parce que, pour moi, tant sur le plan privé que professionnel ou associatif, ma ligne de vie et de conduite c’est d’aider celui qui est en face de moi. »

Yvan : « Dans mon parcours scolaire ou d’étudiant, j’ai toujours été dans une approche de rupture. J’ai fait des Humanités en Latin-Grec, pour ensuite faire des études de Chimie et enfin j’ai fait ma carrière professionnelle dans le domaine informatique. Donc, j’ai toujours entrepris une étape qui n’était pas dans une logique de continuité avec ce que j’avais fait auparavant. Ce que j’ai toujours aimé faire, c’est transmettre. Dans mon travail j’ai toujours aimé travailler avec des personnes plus jeunes et moins expérimentées que moi à qui je pouvais transmettre un certain nombre de compétences et de valeurs. Et aujourd’hui, en tant que retraité, c’est quelque chose que j’essaie de poursuivre. »

Depuis quand avez-vous quitté la vie professionnelle ?
Yvan : « Je suis retraité depuis 2011. »
Jacqueline : « Je suis retraitée presque en même temps. Deux choses Importantes dans ma vie, c’est le Partage et la Transmission : avoir une approche positive dans son comportement de tous les jours, le montrer et le faire avec ses enfants, mais également avec les personnes avec lesquelles on est lié. »

Jacqueline et Yvan Cochez-Leemans: des gens normaux d’exception…

Vous êtes tous les deux à la retraite, et maintenant, de quoi est fait votre quotidien ?
Jacqueline : « Je fais partie du Rotary Club Bruxelles Iris, un club mixte que j’ai  présidé il y a quelques années. J’y suis toujours très active en animant certaines actions qui varient certes d’année en année mais qui toujours apportent de l’aide aux plus défavorisés que ce soit au niveau national ou international. J’investis beaucoup de mon temps dans l’ASBL Kids’Hope, une association que nous avons créée, avec plusieurs amis, il y a 25 ans. Je suis grand-mère et je m’occupe de mes deux petits-enfants plusieurs fois par semaine. Je fais également partie d’une association de femmes chefs d’entreprise qui se nomme IAWA. J’y ai adhéré lorsque j’exerçais ma profession de pharmacienne. J’y reste très active et fais partie de son Conseil d’Administration.

Un petit mot sur Kids’Hope : c’est une association sans but lucratif, créée par un ensemble de bénévoles, qui vient en aide à la « Cité Joyeuse – Le Foyer des Orphelins ». Via cette association, nous aidons 275 enfants défavorisés ou handicapés âgés de 2 à 18 ans. »

Yvan : « Essentiellement, de trois choses. Comme Jacqueline, je m’occupe beaucoup de nos deux petits-fils, Romain et Victor. Trois fois par semaine, on s’occupe d’eux. On va les chercher à l’école, on les suit dans leurs devoirs et leurs leçons, on les accompagne lors de leurs entraînements et matchs de hockey. Quand l’occasion s’y prête, je joue avec eux au football, au tennis ou au tennis de table. Tout cela demande beaucoup d’énergie et me tient en forme. Dans un tout autre registre, je fais de la consultance pour une société qui s’appelle ToolBox. Celle-ci apporte de l’aide à des associations de petite et moyenne taille. Enfin, une dernière occupation, c’est le Kids’Hope. Dans une approche d’aide et de partage l’histoire a fait que, Jacqueline et moi, nous nous retrouvons, parfois, à œuvrer pour les mêmes associations. Pour entreprendre tout cela, je n’ai pas l’impression de devoir chercher de l’énergie car je pense qu’elle est au fond de moi. J’aime être occupé sans quoi j’ai l’impression de perdre mon temps. Quand je ne suis pas pris par les activités précitées, je lis. La lecture est une de mes passions. J’ai pris la décision d’arrêter ma carrière professionnelle à partir du moment où j’avais perdu la passion d’exercer mon métier. »

Jacqueline : « Mon métier, je l’ai exercé avec autant de passion que celle avec laquelle je réalise mes activités présentes. J’ai mis au moins trois ans avant de me décider d’arrêter mon métier de pharmacien. Et je ne le regrette pas. Parce que je considère ma vie actuelle comme une seconde vie et non comme une retraite. D’ailleurs, cette seconde vie, elle est aussi remplie que la première. »

Yvan : « Je dirai que celle-ci a l’avantage qu’on n’a que les contraintes qu’on accepte. Cette liberté est extrêmement importante à mes yeux. »

Comment votre vie pourrait-elle se résumer en une phrase ?
Yvan : « La liberté dans l’action. »
Jacqueline : « La liberté et le bonheur. »

Que voudriez-vous que les gens que vous rencontrez retiennent de vous ?
Yvan : « Je voudrais qu’ils disent : j’ai envie de le revoir. »
Jacqueline : « Moi, c’est pareil. Mais aussi qu’ils se soient, eux-mêmes, sentis bien et disent : « On était bien… avec eux. »

Qu’est-ce que le bonheur selon Jacqueline ?
(Après un moment de silence, dans un état d’émotion palpable, c’est avec une voix tremblante que Jacqueline nous répond.) « Voir… un sourire, …sur le visage de celui ou …celle qui se trouve en face …de moi. »
Yvan, si tu as une réponse à y apporter aussi…
Jacqueline, renchérit tendrement : « Il a toujours une réponse… » (Rires complices des deux).
« Moi, je crois que le bonheur se trouve dans les choses simples. Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel. C’est d’ailleurs, le titre d’un film. Et, je me considère tout simplement comme normal. Jacqueline le complète : « Prendre le temps d’arrêter le temps pour l’autre. » (Propos recueillis par Dieudonné Kazadi)

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