Qui, dans les milieux culturels à Bruxelles en général et dans le monde de la culture arabe en particulier, ne connait pas Rachida Chbani ? Rachida, c’est un petit bout de femme qui, mine de rien mais à force de travail, de patience et de persévérance, s’est imposée dans le monde du cinéma arabe en tant qu’actrice, de réalisatrice et de productrice. C’est elle qui depuis onze ans crée et organise le Festival du Cinéma arabe à Bruxelles.

La dernière édition en date s’est déroulée du 21 au 24 septembre 2016 à Bruxelles au Bozar, au Cinéma Vendôme, au Centre Communautaire Maritime et à La Maison du quartier « Le Midi ». Pour la première fois, une projection complémentaire du long métrage « Les Larmes de Satan » de Hicham El-Jebbari a été organisée le 1er octobre 2016 avec succès à Namur. Par ailleurs, Rachida Chbani a été sollicitée pour proposer une carte blanche au festival Arabesques de Montpellier. C’est le film « Halal Love » d’Assad Fouladkar qui a retenu son choix et qui a été projeté là-bas en avant-première.

Cette année encore, le Festival du Cinéma arabe a tenu ses promesses : en l’espace de cinq jours, dix-huit films – courts et longs-métrages confondus – ont été proposés au public avec, en marge, des débats, une exposition, une séance scolaire, deux séances en milieu associatif, du chant et de la danse. Pour le public, ce fût l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la culture d’un monde arabe à travers un cinéma en constante évolution, un cinéma qui traite de sujets incisifs et tabous, un cinéma nouveau et innovant.

Le Gala d’ouverture du Festival du Cinéma arabe de Bruxelles au Bozar

Le Gala d’ouverture au Bozar proposait le long-métrage de Saïd Khallaf « A mile in my shoes ». La projection a été précédée par une prestation de l’artiste-chanteuse Hanane Mohammed avec une chanson de la célèbre artiste libanaise Fayrouz, un chant classique qu’on a rarement l’occasion d’écouter et qui, sans détours, a emporté le public dans une ambiance nostalgique. Elle était accompagnée à l’Oud d’ Alae Mahmoud.

Au Centre Communautaire Maritime, l’artiste peintre Naima Bensougou a exposé ses œuvres sous le thème « Les larmes en couleur ». Pour elle, la peinture est sa passion et sa raison de vivre. Pour l’occasion, elle a présenté un travail plein de sensibilité, de lumière et de générosité.

De nombreux invités – acteurs, réalisateurs et producteurs – originaires de la Tunisie, du Maroc, d’Angleterre, de France, des Pays-Bas et de la Belgique ont rehaussé l’événement de leur présence.

Ce sont les danseuses Jamila et Leyna qui ont ouvert la soirée de clôture avec une danse « Nawari » et ce, avant de décerner le prix du « Cygne » à l’œuvre qui aura eu le plus de voix du public dans deux catégories : le court et le long métrage.

Le prix du « Cygne » pour le court métrage a été décerné au film égyptien « Dry hot summers » de Shérif El Bendary.
Pour le long métrage, le prix du « Cygne » est allé au film marocain « Les larmes de Satan » de Hicham El Jabbari.

Relevons encore que c’est le jeune acteur Anis Benbatoul qui a présenté le gala d’ouverture au Bozar tout comme la soirée de clôture au Vendôme. C’est avec beaucoup de talent qu’il a assuré son rôle en veillant au respect des timings imposés par l’organisation. C’est un jeune passionné du cinéma : à l’âge de 10 ans, il débute en tant que figurant dans le long métrage « Au-delà de Gibraltar » de Mourad Boucif et Talan Barman. Depuis, il a participé à plusieurs tournages.

L’organisation d’un tel événement nécessite le soutien de collaborateurs dévoués. Ici aussi, les qualités de cœur de Rachida s’avèrent efficaces : à chaque édition, elle peut compter sur la présence d’un noyau dur de fidèles bénévoles.

Le rideau est tombé sur le Festival du Cinéma Arabe – édition 2016. Rachida Chbani a repris son bâton de pèlerin à la rencontre de réalisateurs et producteurs. C’est qu’il ne lui reste que onze mois d’ici la prochaine édition et elle le sait : le chemin est long d’ici-là. (Par Jean Goovaerts)

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